Film d’animation : Angry birds : copains comme cochons ( sorti en salle 16 octobre 2019)

Synopsis : Les oiseaux et les cochons continuent de se battre sans relâche. Mais la menace d’un nouvel adversaire vient perturber les voisins ennemis. Red, Chuck, Bombe et l’Aigle Vaillant recrutent Silver, la sœur de Chuck et s’associent aux cochons Léonard, son assistante Courtney et Garry (le geek), pour former une équipe improbable et tenter de sauver leurs foyers !

Critique : J’avais trouvé le 1er opus excellent mais celui-ci est clairement un ton en-dessous.Le 1er film était très bon, n’en déplaise à la critique générale. C’était la meilleure adaptation cinématographique d’un jeu vidéo depuis longtemps. C’était drôle, l’histoire fonctionnait super bien, les personnages étaient géniaux, on retrouvait des thèmes moralisateurs à l’attention des enfants et, surtout, tous les éléments du jeu étaient présents et étaient utilisés avec justesse dans l’histoire. Ce qui n’est vraiment pas évident car on parle d’un jeu qui a une mécanique super basique où on se contente de balancer des oiseaux sur des cochons. Pour créer un film d’1h30 qui tient la route en partant de cela c’est chaud. Il suffit de voir les adaptations d’angry birds en BD, qui sont catastrophiques, pour comprendre que ce n’est pas aisé. Tout était présent dans le premier film, il n’y avait plus de matière pour en faire un deuxième et, par conséquence, il n’y avait aucun intérêt dans la création de celui-ci, à part faire du fric bêtement forcément. Et c’est ça le problème majeur de ce 2éme opus qui n’est pas mauvais mais qui perd toute son originalité. L’histoire que l’on découvre pour « Angry Birds copains comme cochons » est basique et déjà vue mainte fois. Des ennemis qui doivent s’unir, un garçon et une fille qui ne peuvent pas se voir qui finissent amoureux, un héros qui a peur de perdre sa place ce qui le pousse à commettre des erreurs, tout cela c’est du classique et du déjà vu. D’ailleurs, l’histoire avec cette troisième île congelée est très bancale et provoque des incohérences. Heureusement, il reste quand même des éléments qui sont intéressants ce qui permet à ce film d’avoir un niveau correct. L’humour est toujours bien présent. Il y a de nombreux gags qui feront rire les petits et sourire les grands qui gardent leurs âmes d’enfant. Les parties avec les bébés oiseaux sont vraiment très drôles. De manière générale, ce film d’animation fonctionnera très bien avec les plus jeunes car sa mécanique est bien huilée et les thèmes moralisateurs sont pensé pour eux. Là où l’adulte verra une histoire classique qu’il a déjà vu et revu, l’enfant verra juste un excellent divertissement. Au niveau du doublage, c’est dommage qu’Omar Sy ne soit plus au casting. Sa voix collait tellement bien à Red que j’ai eu beaucoup de mal à accepter le nouveau doubleur, d’autant plus que j’ai enchaîné les deux films. En résumé, un bon film d’animation pour regarder en famille mais qui ne mérite peut-être pas qu’on en fasse l’acquisition en DVD, au contraire du premier opus qui doit se retrouver dans les DVDthéques familiales.

Ma note : 6/10.

BD : Les enfants de la résistance ( 7 tomes pour l’instant)

Synopsis : Dans un petit village de France occupé par l’armée allemande, trois enfants refusent de se soumettre à l’ennemi. Mais comment s’opposer à un si puissant adversaire quand on n’a que dix ans ?

Critique : Voici le 7ème tome de cette série qui a débutée en mai 2015 et qui devrait compter au moins 10 tomes au vue de la chronologie, le T7 se déroulant en avril 1943. C’est une bonne série qui a le mérite de traiter le sujet de la deuxième guerre mondiale avec des histoires qui conviennent aux enfants (à partir de 10 ans) et qui sera lue avec plaisir par les adultes. J’insiste mais ce n’est vraiment pas facile d’écrire une série de BD tout public sur le sujet car il faut à la fois faire preuve de rigueur historique tout en évitant de choquer et avec une période aussi noire que celle de l’occupation c’est un exercice bien compliqué. Les auteurs s’en sortent à merveille avec une histoire qui n’est pas édulcorée mais où ils évitent de montrer la violence directe, celle-ci est suggérée. La série commence en 1940 avec les vrais début de l’occupation. On suit cette période chronologiquement ce qui apportera un côté instructif à l’histoire car tout les aspects de l’occupation sont présents avec une rigueur historique stricte. En plus, un cahier pédagogique est présent dans chaque album pour mieux expliquer les éléments évoqués. Une des forces de cette série c’est que, comme son nom l’indique, ce sont des enfants qui sont les personnages principaux. En effet, trois enfants se lancent d’eux-même dans la résistance et deviennent, à l’insu des adultes, les chefs du groupe de résistants de la région. Malgré le fait qu’il est difficile pour des enfants de s’imaginer cette période trouble, cela leur permet de s’identifier aux héros et de mieux rentrer dans l’histoire. L’autre grande force c’est l’émotion qui se dégage continuellement lors de la lecture. Les auteurs nous offre un récit très fort qui ne peut laisser indifférent. Pour le dessin, on retrouve le dessin classique de Ers qui est clairement un style de la maison Dupuis. Pour ceux qui ne connaissent pas ce dessinateur on est sur un graphisme qui se trouve entre le style gros nez et le semi-réaliste. Pas grand chose à reprocher à la série si ce n’est qu’avec deux auteurs belges et une maison d’édition Belge c’est dommage que l’histoire se déroule en France. En la plaçant à la frontière franco-belge il y avait moyen d’aborder les mêmes sujets mais en mettant l’accent sur la Belgique. Personnellement, j’accroche totalement à la série mais j’ai un peu peur d’avoir la fin car par expérience je sais que le duo Dugaumier/Ers a du mal à finir correctement une série. Que ce soit pour « Les démons d’Alexia » ou « Hell School » les derniers tomes étaient très mauvais alors que les séries étaient pourtant très bonnes. J’attends donc la suite avec impatience mais en frissonnant un peu car jamais deux sans trois. En attendant je ne peux que vous conseiller de lire cette série qui est unique par rapport à son thème et à son public cible.

Ma note : 8/10.

Nouveauté BD : Ennemis (série prévue en 2 tomes)

Synopsis : 1862, en pleine guerre de Sécession, sept soldats reçoivent une mission, partir vers les lignes arrière pour arrêter Jeb Stuart et sa cavalerie qui cherche une faille pour les affaiblir.

Critique : Voici le premier tome de cette nouvelle série publiée dans la collection Grand angle de chez Bamboo, une série qui sera courte puisqu’elle est prévue en 2 tomes. On retrouve un sujet que les auteurs de BD affectionnent : la guerre de sécession. Cette BD combine plusieurs aspects : l’humour, l’historique et l’aventure. L’humour car les personnages sont des caricatures, tous les hommes choisis pour cette mission suicide ont des caractéristiques très fortes, ce qui va forcément amener des gags. On a notamment un géant alcoolique, un anarchiste spécialiste des explosifs et qui ne parle pas français ou un Dom Juan qui ne sait vraiment pas résister aux femmes. On retrouve un peu l’idée du film « Les 12 salopards » dans cette histoire. Après même si il y a de l’humour on reste bien dans une BD adulte et l’aspect noir de la guerre est bien présent (morts violentes, tentative de viol, …). L’aventure et l’action qui en découle sont bien les moteurs de l’histoire. Car en plus de la guerre et de la mission suicide qui induisent tout cela, il y a un élément capital dans le récit : un traître fait partie de l’équipe. Du coup, les auteurs nous invitent à découvrir qui est le traître en nous montrant des flash-backs sur chaque membre de l’équipe ce qui nous donne des informations mais qui embrouillent aussi les pistes, évidemment. En retrait, on retrouve aussi l’aspect historique. En retrait car les auteurs n’approfondissent pas le sujet mais s’en servent plutôt de décor en utilisant des références importantes de cette guerre comme la bataille de Bull Run. Comme pour l’histoire, le dessin mélange deux styles avec un dessin caricatural pour les personnages et un dessin plus réaliste pour les décors. Le tout est assez harmonieux et c’est agréable à regarder. J’ai trouvé ce premier tome intéressant. L’histoire m’a bien plu car le mystère est assez captivant et comme il se passe toujours quelque chose on ne s’ennuie jamais. Un détail me trouble quand même. Je ne sais pas si c’est du plagiat, un hommage ou juste une influence mais on retrouve clairement des références aux cultissimes « Tuniques Bleues » de Cauvin. Si j’utilise ce mot grave de plagiat c’est parce qu’on retrouve un élément présent dans l’album « Drummer boy » restitué quasiment à l’identique dans cette histoire. Donc, forcément, la question mérite d’être posée. Sinon c’est un bon premier tome que je vous conseille de lire, en espérant un fin époustouflante dans le deuxième tome qui sortira au mois de mai.

Ma note : 7.5/10

BD : Les bons gros bâtards de la littérature (one shot sorti en juin 2020)

Synopsis : Victor Hugo, Georges Sand, Flaubert, Voltaire, Baudelaire… L’Histoire de la littérature compte de nombreux grand. e. s hommes et femmes dont les noms résonnent aujourd’hui encore dans les salles de classe, dans les rues et dans les mémoires. Des héros, des génies, des artistes incroyables, mais aussi, parfois… des bons gros bâtards ! Aurélien et Guillaume, avec humour et finesse, nous racontent dans des planches thématiques le côté sombre des auteurs classiques.

Critique : Voici une BD qui sort vraiment de l’ordinaire qui est à la fois humoristique et documentaire. J’ai vraiment pris beaucoup de plaisir à la lire. Le principe est de mettre en avant les petits ou les gros défauts des plus grands auteurs de la littérature sous forme de dessin humoristique. C’est vraiment très bien fait car c’est drôle grâce à la mise en scène et, en même temps, instructifs. Cela permet d’avoir aussi un autre regard sur ces auteurs. Ce que je trouve bien aussi c’est qu’on sent qui y a une bienveillance des auteurs envers ces écrivains célèbres malgré le sujet. Ils ne sont pas là pour faire un procès mais juste mettre en image des faits connus. Au niveau du dessin, on retrouve le dessin classique de ce genre spécial de la BD qui est minimaliste mais qui reste beau. Pour les couleurs, le dessinateur joue avec le bleu, le blanc et le noir. Un ouvrage vraiment très intéressant et très sympathique à lire que je vous conseille.

Ma note : 9/10.

Manga : Moi, Sherlock (critique après la lecture du T01 sorti en décembre 2020)

Synopsis : Dans un futur prochain, John Watson, un homme au chômage et déprimé, reçoit une étrange invitation pour intégrer une colocation. Il va découvrir que son colocataire s’appelle Sherlock, mais surtout que c’est un androide !

Critique : Voici une nouvelle version de Sherlock Holmes qui est très intéressante et peut sans trop de problème rentrer dans l’énorme bibliographie de ce personnage illustre de la littérature. Le principe de cette nouvelle version est de placer l’œuvre de Conan Doyle dans un futur où la technologie a fait un bon en avant. C’est vraiment une réécriture des histoires de Doyle car le premier tome reprend l’histoire de « Une étude en rouge ». On retrouve donc le même principe que pour la série TV avec Cumberbatch où là aussi les histoires de Sherlock Holmes sont reprises et modifiées en les plaçant dans le présent en l’occurrence.Là où ce manga devient vraiment intéressant, c’est par son choix de changement des personnages. Car dans cette version Sherlock est un androïde. C’est vraiment très intéressant comme choix et très logique en plus dans cet optique de futur. En effet, l’androïde a toutes les connaissances enregistrées pour analyser la moindre scène comme Sherlock Holmes le fait dans les romans et comme c’est un robot il n’a pas de sentiments ce qui manque aussi clairement au Sherlock Holmes original. Les autres personnages subissent aussi des changements tout en gardant leurs caractéristiques de bases. Je trouve vraiment que cette transformation du mythe de Sherlock en version futuriste et très bien faite. C’est un véritable plaisir de redécouvrir, une nouvelle fois, ces histoires avec une nouvelle forme. En plus, le dessin est de très bonne qualité et très agréable à observer.Un début prometteur à confirmer, bien sûr, dans les prochains tomes. Pour ma part, je vais très vite acquérir le T2 et je vous conseille de découvrir cette nouvelle série.

Ma note : 7.5/10.

Nouveauté film d’animation : Hansel et Gretel, agents secrets (disponible sur Netflix depuis le 25 mars 2021)

Synopsis : Désormais agents secrets, les personnages du célèbre conte Hansel et Gretel mobilisent magie, intelligence et travail d’équipe pour retrouver un roi disparu.

Critique : Je suis souvent déçu des films d’animation estampillés Netflix mais celui-ci m’a convaincu. D’abord j’ai cru que ce film était une suite du célèbre conte mais il s’agit en fait d’une revisite de celui-ci. On est donc avec un conte détourné, ce que j’adore, et comme c’est bien fait je ne peux que plébisciter cet œuvre. En plus, d’Hansel et Gretel on retrouve d’autres références à d’autres contes très connus mais aussi moins illustres comme Baba Yaga même si bizarrement elle revient à la mode ces temps-ci. L’animation est très bonne, on est dans ce qui se fait le mieux pour le moment. L’ensemble du film est très coloré et comme le rendu est excellent cela donne un film super agréable à regarder. L’histoire racontée est très plaisante et même si le thème du frère et de la sœur qui ne s’entendent pas et qui sont obligés de former un duo est classique, le film est plein de surprises. Premièrement, car comme on est sur une revisite on ne peut pas se baser sur ce qu’on connaît. Deuxièmement, car le film suit la suite récurrente de plan-accros-réaction ce qui permet, en plus d’avoir un rythme soutenu permanent, d’aller de surprise en surprise. De manière générale, ce film fonctionne parfaitement bien, on prend beaucoup de plaisir à suivre Hansel et Gretel qui forme un duo attachant et drôle. On a un très bon mélange entre l’action et l’humour ce qui en fait un film qui plaira à toute la famille. Le film finit sur un twist que j’ai trouvé génial. Un film pour un public large que je vous conseille de regarder durant ces vacances de Pâques pour passer un bon moment en famille.

Ma note : 8.5/10.

Film d’animation : Le cristal magique (Film sorti le 11 décembre 2019 ; disponible depuis peu sur Netflix)

Synopsis : Il existe un cristal magique, qui a le pouvoir de faire revenir l’eau dans la forêt. Mais il a été volé par Bantour, le roi des ours. Seul un héros courageux pourra le rapporter et éviter la sécheresse. Amy la petite hérissonne et son ami Tom l’écureuil décident alors de partir à l’aventure pour sauver la nature ! Ce sont parfois les plus petits qui sont les plus courageux.

Critique : Voici un film d’animation intéressant mais qui a sans doute manqué d’ambition et de budget pour se dégager de la masse. En effet, ce film ne commet aucune fausse note dans ce qu’il propose, ce qui est assez rare pour ce genre de production. Mais à côté de ça il manque un peu de tout, comme je vais le détailler dans la suite de cet article. Ce qui le place dans la catégorie des films d’animation correct mais sans plus. Au niveau de l’animation justement, c’est beau et on ne voit pas les imperfections à l’oeil nu mais clairement la plupart des films d’animation de 2019 possède une meilleure qualité. On voit que le travail n’est pas tout à fait abouti, par exemple avec les piquants de l’hérisson qui sont comme une peau alors qu’il devrait y avoir du mouvement. Pour l’histoire, on peut faire le même constat, ce qui est proposé est sympathique et on prend du plaisir à suivre les aventures de cet hérisson et de cet écureuil mais ça manque de punch et d’éléments perturbateurs, résultat on a une histoire un peu trop linéaire et qui manque de surprise. Concernant l’humour il est bon mais il manque de gags sur la longueur. Le film est court (1h10 si on retire le générique de fin) ce qui explique aussi le manque de consistance, difficile de proposer un contenu riche et varié avec si peu de temps. On retrouve deux messages forts dans ce film : l’amitié et la notion de partage des richesses. Si le premier est très clair et sera compréhensible pour les enfants, d’autant plus que c’est du classique, le second est trop subliminal pour être compris par les enfants ce qui est bien dommage car pour un film de 2019 c’était le thème à mettre en avant pour attirer le public. Donc, voilà un film correct qui conviendra pour une soirée tranquille en famille mais qui manque de profondeur pour être placé en bonne place dans une dvdthéque.

Ma note : 6.5/10.

BD : Love (5 tomes actuellement)

Synopsis : Dans le règne animal, les bêtes ne s’aiment pas, mais ne se détestent pas non plus. Un tout universel, un ensemble suprême qu’on pourrait appeler le divin ou encore l’amour, l’amour que l’homme n’atteindra jamais

Critique : Love est une série qui a débuté il y a 10 ans chez Ankama et qui fut stoppée après 4 tomes. Glénat a racheté les droits de cette BD et réédite le tout dans sa collection Vents d’Ouest avec, en prime, un 5ème tome inédit. Cette série est vraiment très particulière ce qui est positif dans le sens où elle se démarque dans l’immensité que représente le monde de la BD, mais, à côté de cela, elle aura du mal à convaincre un large public. Cette série est composée de tomes totalement indépendants les uns des autres et qui peuvent se lire dans le sens que l’on désire, ce qui est un plus notamment pour les lecteurs en bibliothèques. Il n’y a aucun texte dans ces histoires. L’absence de bulle est logique car on suit des animaux dans un aspect de réalité ce qui induit le fait qu’ils ne parlent pas. Plus étonnant, il n’y a pas non plus de récitatif ou de cartouche. Dans la plupart des séries dites muettes on a quand même des textes explicatifs du narrateur, ici il n’y a vraiment aucun texte. Le point commun à toutes ces histoires c’est le règne animal. On croise très brièvement des humains dans certains récits mais ils ne font que des apparitions et non aucune emprise sur l’histoire. Chaque histoire va aborder un écosystème différent et donc mettre en avant des animaux différents. Ce sont des récits contemplatifs où il faudra se forcer à prendre le temps de s’imprégner visuellement de chaque image sous peine de devoir faire des aller-retours réguliers. L’absence de texte fait que même en prenant bien le temps de tout analyser, « la lecture » se fera très vite, vous pouvez enchaîner les 5 tomes en moins d’une heure. Malgré un titre mignon (Love) ce que nous montre avant tout les auteurs dans ces pages c’est la cruauté d’un monde animal où chacun lutte pour sa survie avec ses propres moyens. Où le terme de Love prend son sens c’est que malgré cette cruauté omniprésente l’amour a toujours sa place que ce soit celui d’une mère envers ses petits ou celui entre deux animaux qui malgré les différences se retrouvent complémentaires dans une optique de survie. La force de ces récits c’est que, comme il n’y a aucune indication par les auteurs, chacun doit se les approprier et créer lui-même sa propre histoire en combinant ses propres idées philosophiques et sa vision du monde animal. C’est une force claire mais c’est aussi une faiblesse car cette gymnastique de l’esprit n’est pas accessible à tous et beaucoup de personnes ne comprendront pas l’intérêt de cette série. Je dirais aussi qu’il y a des tomes plus intéressants que d’autres, le dernier sur le molosse est pour moi le meilleur à ce niveau là. Il y en a aussi qui sont plus complexes, notamment par le fait que de nombreux animaux de la même espèces sont présents dans la même histoire et qu’il est donc difficile de les différencier et du coup de pouvoir s’évader (le lion et les dinosaures sont dans cette catégorie). C’est une série tellement spéciale que chacun doit l’essayer et se faire sa propre opinion. Pour ma part, j’ai apprécié les caractéristiques et le travail intellectuel et philosophique autour de ces histoires mais il me manque quelque chose pour adouber totalement cette série.

Ma note : 7.5/10.

Nouveauté documentaire : Dans le sillage des pirates (6 épisodes)

Synopsis : Cette série documentaire suit les traces des pirates des Caraïbes qui s’emparèrent violemment des richesses du monde tout en créant une république étonnamment égalitaire.

Critique : J’ai adoré cette série qui pour un documentaire est extrêmement addictive. On retrouve le style des documentaires filmés 2.0 où on met en scène les informations que l’on donne aux spectateurs. Ce nouveau style dans la façon de raconter (que l’on retrouve beaucoup dans les documentaires estampillés Netflix) est vraiment pertinent car il est beaucoup plus attractif pour le grand public. Au lieu d’avoir des heures de parlotes et quelques images, comme dans les magnifiques documentaires qu’on nous passait à l’école, on a quelques apparitions d’historiens et beaucoup de passages filmés et scénarisés. A ce niveau là, « Dans le sillage des pirates » est même meilleur pour plusieurs raisons. Premièrement, il y a un vrai fil conducteur et une vrai trame narrative. On suit les début de l’âge d’or des pirates à travers plusieurs d’entre eux à partir d’une date clé et d’un endroit commun : Nassau. Du coup, on a une narration chronologique et logique comme si on regardait un véritable film. A la fin de ces 6 épisodes, on a vraiment eu l’impression de regarder un film. Deuxième raison : la mise en scène est poussée. On sent qu’on a mis du budget dans cette production, que ce soit les décors ou les costumes tout est mis en place pour qu’on rentre dans l’histoire. Petit bémol, les effets spéciaux qui sentent bon le vieux fond vert. A ce niveau là, on est sur une qualité qui a plus de dix ans. Le troisième point intéressant c’est le jeu des acteurs. Dans ce documentaire, les acteurs sont bons ce qui accentue le côté film. C’est souvent ce qui pèche dans ce genre de documentaire. On veut mettre en scènes les informations données par les historiens mais, par faute de budget, souvent, on fait donner la réplique à des comédiens médiocre ce qui gâche clairement le rendu. Si je prend un exemple français avec « Secrets d’histoire », qui est une excellente série de documentaires, les acteurs choisis pour refaire des courtes scènes sont pitoyables enlevant toute crédibilité aux personnages illustres qu’ils incarnent. Ici, ce n’est vraiment pas le cas, on a droit à un bon jeu d’acteur qui donne envie de continuer à regarder.Au niveau de la véracité des dires, je ferai confiance aux historiens qui participent à ce documentaire car je n’ai pas les connaissances nécessaires pour juger et j’ai eu du mal à retrouver des informations sur ces pirates dans des livres ou sur Internet. Le choix des pirates mis en avant est intéressant. Comme j’ai déjà dis, comme ils ont des liens cela permettait d’appliquer une ligne narrative correcte. Ensuite, on a un beau mixte entre pirates célèbres (connus de nom par le grand public) et d’autres qui sont de parfaits inconnus pour la grande majorité de la population. En tant que spectateur, on peut donc s’appuyer sur des éléments que l’on connaît (comme Barbe Noire) tout en découvrant d’autres personnages qui sont parfois plus intéressants. Depuis plusieurs années, on a vraiment une réhabilitation du pirate pour essayer de faire disparaître cette idée du pirate violent, puant, analphabète, à qui il manque souvent une jambe ou une main que l’on retrouve dans tous les anciens livres et films et qui est incarnée à merveille dans une des meilleurs attractions du monde « Pirates des Caraïbes ». Ici, on est vraiment dans cette nouvelle version du pirate avec un côté très marxiste voir anarchiste dans leur façon de voir les choses. Ce documentaire peut être vu par à peu prés tout le monde car il y a très peu de scènes violentes ou sexuelles. A part un pénis en gros plan et les passages avec le pirate Vane il n’y a rien qui puisse choquer dans ce documentaire. Vous l’aurez compris j’ai vraiment apprécié cette série et je vous la recommande. J’espère qu’elle aura du succès pour que Netflix lance la production d’une autre saison.

Ma note : 9/10.

Nouvelle saison : Paradise police saison 3.

Critique : Cette nouvelle saison est excellente. Paradise Police est une série animée d’humour pour adulte qui aime flirter avec la limite de l’acceptable en terme d’humour noir et graveleux (voir ma critique des deux premières saisons sur mon site). Avec cette saison 3 ils ont repoussé les limites avec encore plus de trucs dégueus et ça marche super bien. Tous les épisodes sont géniaux et bien que ça part dans tous les sens l’ensemble donne une histoire cohérente. Après, on reste dans l’humour absurde donc il y a forcément beaucoup d’éléments qui ne sont pas toujours logiques. Là où la dernière saison de Rick et Morty étaient plus calme et plus philosophique ce qui la rendait moins trash et pour moi moins bonne. Paradise Police prend le contre-pied et propose un contenu encore moins conformiste. C’est un choix audacieux qui va lui permettre de conserver son public mais qui risque d’éloigner définitivement le reste du public. En tous cas, moi je suis conquis et j’espère qu’il y aura d’autres saisons. Ma note : 9/10.