BD : La bête (1er tome paru le 9 octobre 2020)

Synopsis : Capturé en pleine Palombie par des Indiens Chahutas et vendu à des trafiquants d’animaux exotiques, un marsupilami débarque dans les années 50 au port d’Anvers. Réussissant à s’enfuir, il arrive dans la banlieue de Bruxelles et est recueilli par François, un jeune garçon fan d’animaux dont le quotidien est loin d’être facile. Le début d’une aventure passionnante, parfois sombre mais toujours porteuse d’espoir, et d’une belle amitié.

Critique : Avec « Don Vega » (dont j’ai fait la critique récemment) « La bête » était l’autre BD phare de cette fin d’année 2020. Plébiscitée par tous, les sites de référence la conseillée comme la BD qu’il fallait offrir à Noël. Et comme pour « Don Vega » je reconnais ses qualités mais je vais être bien plus nuancé que la critique générale qui est vraiment dithyrambique. Premièrement, cette BD écrite par le génial Zidrou est vendue comme un one-shot. Pas de numéro sur la BD un format et un nombre de pages inhabituel pour Dupuis, on est clairement dans les caractéristiques d’un One Shot. Mais non, on est bien avec une série. Cet album termine avec une accélération du rythme, un cliffhanger et un « fin de l’épisode ». Après, l’avantage c’est que cet album a tellement bien marché qu’on est sûr d’avoir la suite. Pour le dessin, je n’ai rien à redire, c’est du superbe travail. C’est super beau que ce soit les personnages ou les décors et, surtout, les couleurs sont géniales. On est sur de la couleur type pastel qui donne un super rendu et donne une certaine gaieté à cette histoire qui est pourtant très noire. Le seul élément que je pourrai reprocher au dessin c’est ce nouveau Marsupilami que je trouve affreux, mais c’est purement subjectif donc je ne peux pas noter cela comme un défaut. Par contre, ce dessin pose problème au niveau du public cible. Par déformation professionnelle, quand je vois une BD je me pose toujours la question de savoir si c’est une BD jeunesse ou adulte car en tant que bibliothécaire on est obligé de trancher pour mettre l’ouvrage dans nos collections. Et ici, c’est vraiment difficile de se décider. Le dessin fait vraiment penser à une BD jeunesse qui serait destinée aux enfants à partir de 10 ans, le synopsis fait aussi penser à une BD tout public, or le texte et l’histoire sont clairement destinés à un public adulte. L’histoire est très sombre, remplie de relent nauséabond de la libération de 1945. Le vocabulaire utilisé est parfois cru mais surtout rempli de dialecte bruxellois, heureusement expliqué en bas de page. On retrouve aussi plein de références purement belges dans cette histoire que ce soit patrimoniale que BD. Et je pense que c’est ça qui en a fait le succès, c’est une BD purement belge éditée pour les belges. C’est difficile d’avoir des chiffres mais ça m’étonnerait qu’elle ait eu le même succès en France. Car, si on l’analyse, l’histoire n’est pas extraordinaire. C’est un récit très lent sans aucune surprise, il n’y a vraiment que les 30 dernières pages qui sont exaltantes. On retrouve le plus vieux concept de gentil/méchant puisque les gentils sont les personnages beau, pauvre et opprimés et les méchants sont moches, font partie de la classe supérieur et prennent un malin plaisir à harceler les membres du bas de l’échelle sociale. Et le Marsupilami finalement là-dedans ? Dans cette histoire, il a un rôle purement secondaire, les personnages principaux sont François et sa maman. Moi je suis un grand fan du Marsupilami de Spirou et Fantasio ou de son cousin que l’on découvre dans « Le nid des Marsupilamis » qui a eu ensuite son histoire et cette version ne me plaît pas. Je comprend l’idée de le modifier pour apporter un aspect nouveau à l’animal mais ici il va à l’opposé. Comme le récit, il est sombre, négatif et, comme la plupart des personnages présents, il est stupide. Je suis désolé, on peut modifier des éléments mais pas les caractéristiques zoologiques qui ont été inventées par le maître Franquin. En résumé, oui c’est une bonne BD mais il ne faut pas exagérer ce n’est pas la BD du siècle ni même celle de l’année.

Ma note : 7/10.

Film : Nicky Larson et le parfum de Cupidon (sorti en salle le 09 février 2019)

Synopsis : Nicky Larson est le meilleur des gardes du corps, un détective privé hors-pair. Il est appelé pour une mission à hauts risques : récupérer le parfum de Cupidon, un parfum qui rendrait irrésistible celui qui l’utilise…

Critique : Voilà un film que j’avais depuis longtemps dans mes tiroirs mais que je n’avais pas encore pris le temps de regarder. Alors, pour commencer, on est sur une comédie française de Philippe Lacheau qui adapte la série culte City Hunter/Nicky Larson donc oui l’humour va être gras et un peu con, oui le sexe sera omniprésent dans les gags et les blagues seront grivoises. Forcément, si vous n’aimez pas ça, ce style de film n’est pas pour vous. Je pense qu’il est important de toujours replacer les films dans leurs contextes car on ne juge pas un film d’humour, un film d’action, un film sentimental, un biopic etc de la même façon. On entend trop souvent des critiques hors sujet, comme celle-ci que j’ai vu récemment sur une comédie musicale qui disait : « j’ai bien aimé mais il y avait trop de chansons ». Il fallait choisir un autre film si tu n’aimais pas les chansons. Car ici, si on remet bien l’œuvre dans son contexte, pour une comédie française c’est bon. L’humour est parfois un peu lourd mais cela fonctionne. On est dans un humour qui se rapproche plus du film américain que celui français. Il y a vraiment de très bon gags. Il y en a aussi de moins bons mais plus parce qu’ils vont trop loin, c’est le genre qui n’est pas mauvais mais où tu as envie de dire « hé les gars, c’est un peu gros ça ». Après il faut voir si le film peut fonctionner avec tout le monde car clairement c’est un film fait par des trentenaires pour des trentenaires, l’ensemble du film fait appel aux souvenirs d’une génération. Ce qui est normal car Nicky Larson ça sent quand même bon les années 80 et le début des années 90. On va donc retrouver, en plus des références à Nicky Larson bien entendu, des clins d’œil à l’univers télévisuel de ces années là. Cela passe par des caméos comme Dorothée, des références visuels ou des blagues comme « Ranma, 1/2 s’il te plait » que Larson lâche à une serveuse dans un bar. Si on parle d’adaptation, c’est une réussite on retrouve bien l’univers de Nicky Larson. Pour plus de facilité, il est devenu français (ce qui le rend encore plus beauf) et l’ensemble de l’histoire se passe en France mais ça ne pose pas de problème. Lacheau a réussi à mettre dans son film d’1h30 la plupart des éléments importants de l’histoire du manga, ce qui n’est pas facile car City hunter c’est quand même 36 mangas et la série en anime comporte 140 épisodes et plusieurs OAV. En vrac, on retrouve la relation complexe entre Nicky et Laura et celle entre Nicky et Mammouth, le décès du frère de Laura, on a des méchants qui ressemblent à ceux qu’on trouvait dans la série et bien sûr l’addiction de Nicky pour les jolies filles. Même ce qui est très compliqué à reproduire en live action se retrouve dans le film, comme la massue de Laura qui est subtilement amenée. On retrouve des petits détails comme l’oiseau qui tourne autour de la tête de Nicky quand il se fait assommer que l’on voit ici en graffiti sur un mur lors d’une scène de combat. Scènes de combat qui ne sont pas mal aussi d’ailleurs, ce n’est pas du Jacky Chan mais ça vaut bien celle que l’on trouve dans des Fast and Furious et autres films d’action du genre. Non, franchement, je ne vois pas ce que des fans de Nicky Larson pourrait trouver à dire au niveau adaptation.Pour l’histoire, cela pourrait être l’intrigue d’un épisode de la série. Elle n’a rien de très surprenant mais elle fonctionne. Pour les acteurs, Élodie Fontant est excellente dans son rôle de Laura et Lacheau, même s’il en fait parfois un peu trop, est un Nicky Larson convaincant. L’acteur qui joue Mammouth a clairement une certaine ressemblance avec celui du manga. Didier Bourdon est à son niveau actuel ni plus ni moins. Boudali et Arruti, les acolytes de Lacheau,ne sont pas très bon mais servent efficacement de « comic relief ». On a aussi Pamela Anderson au casting, elle est à son niveau c’est à dire nulle mais bon comme elle est juste là pour accompagner les références de la télé des années 80 on s’en contentera. En résumé, une bonne adaptation et une bonne comédie française (ce qui est rare de nos jours) qui est destinée à un public précis.

Ma note : 7.5/10.

Série : Lupin : dans l’ombre d’Arsène (disponible sur Netflix depuis le 08 janvier 2021)

Synopsis : Il y a 25 ans, la vie du jeune Assane Diop est bouleversée lorsque son père meurt après avoir été accusé d’un crime qu’il n’a pas commis. Aujourd’hui, Assane va s’inspirer de son héros, Arsène Lupin – Gentleman Cambrioleur, pour le venger…

Critique : Cette série a des qualités mais aura peut-être du mal à convaincre le grand public. Pour ma part, si j’étais mitigé après le 1er épisode l’ensemble de cette 1ére partie m’a bien plu. Pour commencer, il est important d’insister sur le fait que ce n’est pas une nouvelle adaptation de l’œuvre de Leblanc ni un reboot comme le Sherlock avec Cumberbatch mais bien une œuvre originale. Le scénario nous propose une histoire moderne qui emprunte quelques traits aux histoires de Lupin et qui dissémine quelques clin d’œil. C’est astucieux car cela permet de faire plaisir aux fans inconditionnels du gentleman cambrioleur et d’approcher un autre public, le meilleur moyen pour faire un maximum d’audience. Pour l’histoire, on suit Assane dans sa tentative de réhabiliter son père qui s’est suicidé après de fausses accusations de vol. Le rapport avec Lupin est double : toute l’histoire tourne autour d’un vol de bijoux (spécialité de Lupin) et le roman de Maurice Leblanc est le dernier cadeau qu’ Assane a reçu de son père, cadeau qui va l’inspirer pour tracer sa vie. On est avec une série qui n’a pas eu peur de prendre le temps d’une mise en place avec son 1er épisode. En effet, les auteurs on voulut montrer toutes les capacités de ce Lupin moderne, résultat on a beaucoup d’éléments à voir et le tout est un peu brouillon. En plus, il y a énormément de personnages secondaires dans ces premières 45 minutes qui n’ont clairement pas le niveau d’acteur d’un Omar Sy. A partir du deuxième épisode, on rentre vraiment dans le vif du sujet et la série trouve son rythme de croisière et développe ses qualités. On a un récit intéressant et qui malgré de nombreux axes à développer reste cohérent. Il y a un élément qui va peut-être déranger ceux qui ne sont pas adepte des aventures classiques d’Arsène Lupin : l’impression que tous les protagonistes sont complètement stupides. En effet, personne ne reconnaît jamais Assane malgré le fait qu’il ne se grime quasiment jamais et les policiers tombent dans tous les pièges qu’il invente même les plus bidons. Personnellement, cela ne me dérange pas car c’est pareil avec Lupin. On retrouve cette même impression de stupidité générale dans les romans ou la série de 1971 par exemple. Niveau acteur Omar Sy charme la caméra, il est excellent dans ce rôle et on ne voit que lui à l’écran ou presque. Niveau décor, costume et mise en scène c’est très bon aussi. Les parties dans le passé sont bien mises en œuvre. On a énormément de lieux différents ce qui apporte un plus visuel. A noter aussi, un récit qui utilise bien les connotations racistes que l’on retrouve dans quasiment toutes les œuvres cinématographiques pour le moment due à une actualité toujours chaude sur ce point malheureusement. Sans dévoiler l’histoire, il est important de signaler que le dernier épisode se termine sur un cliffhanger énorme qui frustrera ceux qui n’aime pas ne pas connaître la fin. Une série avec une première partie rapide (5 épisodes) que je vous conseille de voir ou de noter dans vos petits papiers en attendant la deuxième partie, si vous préférez dévorer une série complète.

Ma note : 8/10.

Manga : Pretty Guardian Sailor Moon (Eternal édition)

Synopsis : Usagi Tsukino, collégienne de 14 ans, est une jeune fille dynamique, enthousiaste et particulièrement tête-en-l’air. Un matin, alors qu’elle est en retard pour aller en cours, elle fait la rencontre de Luna, un chat venu de la lune qui a la capacité de parler. Sa vie prend alors un tournant inattendu lorsque celui-ci lui remet un pendentif qui lui permet de se transformer en Sailor Moon, une super héroïne qui combat pour l’amour et la justice.

Critique : Pour le plus grand plaisir des fans des anime des années 80/90, Sailor Moon est de retour en français dans une nouvelle édition de qualité. Pour cette édition parue sous le titre de « Eternal edition » on a le droit à une version à couverture solide de 22cm. La série est divisée en 10 tomes alors que la série originale comprenait 18 tomes et sa réédition 12. Très bonne idée de la part de la maison d’édition Pika d’avoir créer cette collection de « luxe ». Pour les fans inconditionnels de Sailor Moon c’est intéressant car c’est une édition prestige à un prix tout à fait abordable à rajouter à leurs collections et pour les lecteurs lambda cela permet de découvrir ou redécouvrir la série. De plus, ce format ressemblant plus à une BD classique ou à un comics va permettre à cette collection de se faufiler dans les rayons des librairies et d’être achetée, du coup, plus facilement. Pour ceux qui ne connaîtrait pas Sailor Moon : ce manga raconte l’histoire d’Usagi, une écolière tête en l’air (qui a pour hobby manger, jouer aux jeux vidéo et surtout dormir) qui se retrouve propulsée au rang d’héroïne par l’arrivée d’un chat venu de la lune qui lui confère des pouvoirs. Sailor Moon est un manga mythique chez nous, car c’est un des anime qui a le plus de succès auprès des téléspectateurs belges et français (via le club Dorothée surtout). Cette version dessin animé doit son succès au fait que ce manga attire un public large. En effet, bien que celui-ci soit un Shojo (manga pour fille) il reprend aussi pas mal de caractéristiques du Shonen (manga pour garçon). Cette série a grandement contribué au succès des mangas et à permis l’arrivée d’autres séries de type Shojo soit nouvelles soit plus anciennes mais qui n’avaient pas percées lors de leurs premières diffusions. Personnellement, c’est un dessin animé que j’ai regardé mais je n’en avais plus que de vagues souvenirs donc je suis très content de redécouvrir la série via cette nouvelle édition.

Ma note : 8/10.

BD : Don Vega (one-shot sortie le 02 octobre 2020)

Synopsis : Madrid, 1848. Don Vega, héritier d’une riche famille californienne, reçoit une lettre lui annonçant le décès de ses parents. L’auteur du courrier, le père Delgado, l’incite à rentrer « dans les plus brefs délais ».À son retour, Don Vega découvre que le domaine familial est désormais géré par un ancien général, Gomez. Celui-ci s’appuie sur Borrow, une brute sadique et sans scrupules, pour mettre la Californie en coupe réglée en rachetant des terrains à bas prix afin de les revendre plus cher.Des peons ont le courage de se révolter. Le visage couvert d’une cagoule, ils se réclament d’« el Zorro », un mythe populaire local. Le peuple les voit comme des héros. Don Vega décide de suivre leur exemple : il revêt un costume noir et est bien décidé à faire payer les spoliations commises envers sa famille. La légende de Zorro est en marche…

Critique : Voici une BD qui a fait l’unanimité auprès des critiques presses et qui a été citée régulièrement dans les tops des BD à offrir à Noël. Pour ma part, si je reconnais les qualités de cet ouvrage mon avis sera plus nuancé car il y a des éléments qui me chagrinent. Ce one-shot paru chez Dargaud nous offre une nouvelle version du mythe de Zorro. Au niveau des caractéristiques, c’est une BD de 90 pages qui comportent des planches constituées de très grandes cases dans lesquelles on retrouve un dessin de qualité, mais qui n’est pas non plus d’une grande beauté et où il manque clairement de détails. Le tout pour le prix de 16.50€. L’histoire s’appuie sur des faits historiques avec la spoliation de terre appartenant aux mexicains par de riches propriétaires américain. L’idée est donc intéressante. L’histoire dans l’ensemble est vraiment bien et on dévore très vite les premières pages car on veut connaître la suite. Le panel des personnages est bon aussi, même si ils ne sont ni présentés ni approfondis dans le récit. En fait, tout est très bien à un détail prés qui ruine tout le plaisir à la fin de cette lecture. Le récit est beaucoup trop court. Tout se passe tellement vite que vous arrivez au dénouement sans avoir eu le temps de rentrer dans l’histoire et d’apprécier les personnages. C’est comme si vous regardiez un film d’1h30 en accéléré pour le voir en 45min. C’est un problème récurrent dans les one-shot mais ici c’est plus embêtant car on est dans un épisode qui fait 90 pages et pas 45 ou même 60. Le nombre élevé de pages est tronqué par la façon dont l’auteur à dessiner son album. En effet, les cases sont souvent gigantesques et remplissent donc facilement les planches. Ces grandes cases n’apportent rien car elles ne sont pas dûes à des changements de plan qui incombent au scénario et ne rendent pas un meilleur visuel car les plans larges ne comportent que très peu de détails. L’auteur avoue lui-même ses défauts dans sa préface où il explique qu’il a eu du mal à réaliser le scénario et le dessin avec le canevas qui lui était imposé. C’est vraiment dommage car un format plus réduit de ces vignettes aurait permis de faire une histoire plus consistante et, du coup, en faire vraiment une œuvre d’exception. Ici, je ressors déçu à cause d’un manque de profondeur du scénario et d’un rapport qualité/prix désavantageux pour le lecteur alors que je viens de lire une BD qui est de qualité. Si vous voulez tester par vous même, je vous conseille de l’emprunter en bibliothèque pour éviter ce prix d’achat élevé.

Ma note : 7.5/10.

Série documentaire : Sur la piste de l’éventreur du Yorkshire (disponible sur Netflix depuis le 16 décembre 2020).

Synopsis : La mini-série en quatre parties raconte les meurtres de 13 femmes qui ont eu lieu dans le West Yorkshire et à Manchester entre 1975 et 1980, perpétrés par le tueur en série connu sous le nom de Yorkshire Ripper.

Critique : Netflix nous propose un nouveau documentaire (sous format court) sur un tueur en série et c’est une très bonne idée. Premièrement, car ils sont doués pour proposer des documentaires de qualité sur les sujets judiciaires et, deuxièmement, car cet éventreur qui est considéré comme le plus grand sérial killer de l’histoire de l’Angleterre vient de décéder du covid. Comme toujours avec Netflix, ce documentaire est excellent. On apprend beaucoup sur ce psychopathe qui a effrayé l’Angleterre pendant plusieurs années avec ces 4 épisodes. Personnellement, j’avais une simple référence sur ce tueur et c’était donc extrêmement intéressant. Les qualités de ce documentaire sont identiques aux autres références Netflix sur le sujet. Une approche neutre et chronologique qui permet un suspens total et une bonne immersion. Un juste accord entre images d’archives (restaurées et donc de qualité) et interviews de différents protagonistes. Pas d’images choquantes qui pourraient heurter la sensibilité de certains. Le choix de faire cela en 4 épisodes de 50 minutes est opportun car cela permet de donner toutes les informations nécessaires en les appuyant avec de nombreuses interviews sans que cela ne soit trop long et par conséquent ennuyeux. Je recommande ce nouveau documentaire ainsi que les autres documentaires judiciaires estampillés Netflix aux amateurs du genre.

Ma note : 9/10.

Film d’animation : Soul (disponible depuis le 25 décembre sur Disney +)

Synopsis : Passionné de jazz et professeur de musique dans un collège, Joe Gardner a enfin l’opportunité de réaliser son rêve : jouer dans le meilleur club de jazz de New York. Mais un malencontreux faux pas le précipite dans le « Grand Avant » – un endroit fantastique où les nouvelles âmes acquièrent leur personnalité, leur caractère et leur spécificité avant d’être envoyées sur Terre. Bien décidé à retrouver sa vie, Joe fait équipe avec 22, une âme espiègle et pleine d’esprit, qui n’a jamais saisi l’intérêt de vivre une vie humaine. En essayant désespérément de montrer à 22 à quel point l’existence est formidable, Joe pourrait bien découvrir les réponses aux questions les plus importantes sur le sens de la vie.

Critique : Voici la première grosse sortie sur la plateforme de streaming Disney +, Mulan étant sorti aussi au cinéma dans quelques pays. Ce nouveau Pixar est bien digne des meilleurs de ses grands frères mais nous oblige à nous poser certaines questions notamment au niveau de son public cible. Parmi les Pixar, ce film se situe plus dans la catégorie de Là-haut, Vice-versa ou Coco que dans celle des Indestructibles, Cars ou Toy Story. C’est à dire les dessins animés à double lecture qui penchent finalement plus vers les adultes que les enfants. Je vais commencer par le plus facile l’animation qui est excellente. Le film mélange plusieurs techniques et styles différents qui forment une belle harmonie. Les passages dans le monde réel sont hyper travaillés, il faudrait mettre sur pause chaque plan pour vraiment voir les milliers de détails qui s’y trouvent. Après, les humains ont toujours des particularités physiques hors-norme mais cela fait partie du style Pixar. Ensuite, on a les passages dans les autres mondes qui sont plus stylisés avec une base simple de forme géométrique et un univers plus enfantin (notamment au niveau des couleurs). On a aussi un peu de 2D à l’ancienne avec les flash-back qui racontent la vie des personnes décédées sous forme de cours. Il n’y a vraiment rien à redire sur l’animation qui convaincra les spécialistes et apportera la magie aux plus petits. Au niveau du contenu, on est sur une histoire qui, bien qu’utilisant des techniques classiques de l’humour, est surtout bâtie sur les émotions et la psychologie des personnages. Le point central du film est un concept flou : l’âme. Ce film vous oblige constamment à vous poser des questions presque existentielles, même pour ceux qui comme moi on abolit depuis longtemps l’idée même de l’âme. Et c’est là qu’il faut se poser la question de savoir si les auteurs n’ont pas était trop loin en proposant un film qui penche plus vers les adultes que les enfants. Pour moi la réponse est Oui. Ce film d’animation est destiné à un public adulte et non à celui des enfants. Les films Pixar/Disney doivent bien sûr proposer cette double lecture pour plaire et convaincre l’ensemble du public mais ils doivent avant tout être destiné aux enfants et ici ce n’est pas le cas. Cela n’empêche pas ce film d’être excellent bien sûr, mais c’est dommage. Pour preuve, toutes les références glissées sont pour adultes et certaines ne sont même pas accessibles à tous. L’ensemble du film est d’ailleurs assez compliqué, il me faudra un deuxième visionnage pour être bien sûr d’avoir tout compris. Je trouve d’ailleurs dommage la fin du film qui se termine de manière abrupte et qui ne propose pas de revoir N°22. Pour les enfants, il ne reste, en fait, que la partie purement humoristique de l’apprentissage du corps de Gardner par N°22 avec celui-ci sous forme de chat et quelques gags disséminés dans l’ensemble du récit. Je ne suis pas sûr que ce soit suffisant pour les satisfaire. Quelques remarques en vrac pour terminer. L’absence de vrai méchant, ce que je trouve toujours dommage dans les Disney. Ici ce qui se rapproche le plus d’un méchant c’est Terry qui est juste un bureaucrate borné. Le monde du Jazz est clairement utilisé comme moyen promotionnel dans les bandes annonces or ça n’a aucune influence sur l’histoire, Gardner ferait des claquettes ou jouerait au bowling que ça ne changerait rien au récit. Et, pour terminer, un bon point pour le doublage français que j’ai trouvé excellent avec Omar Sy et Camille Cottin notamment. En résumé, un très bon film d’animation mais qui c’est trompé de diffuseur ou de public cible.

Ma note : 8/10.

Manga : Le renard et le petit tanuki (1 tome pour l’instant ; 3 au Japon)

Synopsis : Il était une fois Senzo, un renard surpuissant craint de tous les animaux, qui semait la terreur sur son passage… à tel point que les dieux, pris d’une vive colère, le plongèrent dans un profond sommeil… 300 ans plus tard, à notre époque, ils décident de l’en sortir… à une condition ! Privé de sa force destructrice, le voilà chargé d’une mission spéciale : élever le petit tanuki Manpachi pour faire de lui un digne serviteur de la déesse du Soleil.Manpachi a été rejeté par sa famille car il possède des pouvoirs immenses, qu’il a encore du mal à contrôler. Allergique à toute autorité, Senzo refuse de s’embarrasser d’un disciple, aussi mignon soit-il… Sauf qu’au moindre signe de rébellion, il est parcouru d’une douleur insoutenable ! Le voilà bien obligé d’accepter le marché…

Critique : Lors des sorties manga du mois de novembre, celui-ci fut un des plus attendus car il jouissait d’une énorme côte auprès des spécialistes. Comme beaucoup je me suis laissé convaincre, d’autant plus que les critiques de lecteurs lambda étaient aussi excellentes sur les différents réseaux sociaux de lectures. Mais je vais me différencier de la masse car personnellement il ne m’a pas enthousiasmé. Certes il possède des qualités mais il manque de surprise. Au niveau des qualités, on retrouve le dessin. Il est sublime avec un style qui se partage entre le kodomo et le shojo. La couverture et la page de titre en couleur pastel sont vraiment super belles et c’est dommage de ne pas avoir une version européenne en couleur car elle serait magnifique. L’histoire est sympathique et très accessible ce qui permettra aux petits comme aux grands de découvrir ce manga. Par contre, il n’y a vraiment aucune surprise. Le duo avec un méchant qui est obligé de se coltiner un petit d’apparence faible, hyper gentil et naïf et qui va devenir lui-même gentil au fur et à mesure de l’histoire c’est du vu et revu. Et dans ce premier tome, il n’y a rien qui compense ce manque d’originalité. L’histoire se base sur le folklore japonais et du coup c’est aussi un frein car celle-ci est trop différente de la nôtre. Je lirai le second tome pour affiner mon jugement mais si celui-ci reste dans la même lignée, ça sera tout pour moi.

Ma note : 5/10.

Nouveauté BD : Murena T11

Synopsis : À Rome, au lendemain du grand incendie de juillet 64, l’empereur Néron est en proie au doute. Lucius Murena, son ami, a disparu. Celui-ci aurait-il participé à un complot contre lui, comme certains le prétendent ? Néron l’a cru, mais ne sait plus quoi penser. L’absence de Lucius le ronge, comme si son propre passé avait disparu, lui aussi. Lucius est entre les mains d’une femme, Lemuria, qui l’a drogué afin de faire de lui l’objet de son plaisir. Lucius décide de la fuir, car il doit retrouver sa liberté pour se retrouver lui-même. Mais sa mémoire est incertaine. Seul Pétrone peut l’aider à renouer avec celui qu’il était. Pendant ce temps, dans les cercles du pouvoir, des proches de l’empereur fomentent une cabale. Devenu l’homme le plus recherché de la ville, Lucius rencontre une femme étrange, surnommée « l’Hydre ». Elle détient un terrible secret. Un secret qu’elle ne peut partager qu’avec Néron lui-même…

Critique : Après trois ans d’attente, le nouveau tome de Murena est enfin arrivé. Murena, pour ceux qui ne connaîtraient pas, c’est une série qui est devenue très vite culte, scénarisée par l’excellent Dufaux et illustrée par le regretté Delaby. Le principe: raconter l’histoire de l’empereur Néron par l’introduction d’un personnage imaginaire du nom de Murena. C’est une série que j’adore car elle possède d’immenses qualités. Déjà, visuellement, c’est une des plus belles séries qui traite de la Rome antique. Les dessins sont sublimes que ce soient les décors ou les personnages, le travail artistique doit être astronomique pour arriver à une telle qualité. Théo, qui a repris la série au niveau du dessin après la mort de Delaby, a posé sa touche (surtout au niveau des personnages) mais il est resté dans la même ligne de conduite. L’histoire est génial et très prenante. C’est un vrai péplum que nous donne le scénario de Dufaux. Le fait d’introduire un personnage fictif dans un univers historique n’est pas facile mais Dufaux s’en sort très bien. Il essaie de garder un maximum la réalité des faits même si sa base est clairement les récits de Suetone et Tacite. Ce qui est logique car ce sont les plus croustillants. Le jeu c’est de réussir à placer Murena dans tous les passages importants du règne de Néron comme, par exemple, l’incendie de Rome. Dans les premiers tomes, cela fonctionne super bien et c’est ça qui a donné la qualité à cette série et à fait grimper sa popularité extrêmement vite. Dans les deux derniers tomes, on sent que c’est plus compliqué et le récit en souffre. C’est plus lent et l’intrigue principal a beaucoup de mal à avancé. Cette série pourrait devenir une excellente adaptation cinématographique car tout est déjà présent dans le scénario et les dessins pour devenir un chef d’œuvre sur le petit ou le grand écran. Pour revenir à ce 11ème tome, comme pour le précédent, il est en-dessous du niveau global de la série. Comme je l’ai dit auparavant, le rythme de cet épisode est très lent et n’apporte pas grand chose au scénario de la série. En plus, de nouveau, la relation entre Néron et Murena s’inverse. Comme dans les très mauvaises séries télévisées la relation entre Murena et Néron passe continuellement d’ amour à haine et maintenant tout cela devient redondant. Si Dufaux est un excellent auteur, il a aussi une fâcheuse tendance à vouloir étirer au maximum ses séries et finir avec des fins qui ne sont pas dignes de l’ensemble de celles-ci. Je crains que ce phénomène se répète avec la série Murena qui ne mériterait vraiment pas cela. Il faut rajouter à ça que Dufaux arrive tout doucement sur ses 80ans et que j’aimerai bien voir la fin de cette série avant que celui-ci ne nous quitte malheureusement. En résumé, une série géniale que tout le monde doit lire même si les derniers tomes sont un peu moins bons.

Ma note globale : 9/10.

Ma note pour le T11 : 7/10.

Comics : Mighty Morphin Power Rangers/Teenage Mutant Ninja Turtles chez HiComics

Synopsis : Vous pensez connaître les Rangers Ninja ? Vous êtes sûrs ? Vous rêvez de voir les Tortues et April O’Neil en armure ? Mieux encore : vous pensez être prêts pour le démentiel Turtlezord ? Découvrez le premier vrai crossover d’envergure entre les deux univers culte de Haim Saban, Peter Laird et Kevin Eastman.Les Rangers débarquent à New York en quête de Tommy Oliver, le Ranger Vert, et découvrent ce dernier aux prises avec les Tortues Ninja. Fonçant tête baissée dans la mêlée pour l’aider, les cinq héros font face aux fils de Splinter. Mais alors que la raison les rattrape, les Power Rangers découvrent que Tommy s’est associé avec Shredder et son terrible clan Foot. Suite à sa trahison, ils vont devoir faire équipe avec les Tortues afin de trouver un moyen de le ramener à la raison et d’empêcher la destruction du monde des mains de Rita Repulsa et de l’ennemi juré des quatre frères.

Critique : Après le cross-over Batman et Les tortues ninja qui était excellent (voir ma critique à ce sujet), voici celui entre Les tortues ninja et les Power rangers. Le résultat est aussi bon que celui avec Batman. L’histoire tient la route et surtout elle est hyper cool. On retrouve tout ce qui fait le piment de ces deux univers et l’assemblage de ceux-ci par les auteurs fonctionnent parfaitement. Les personnages importants des deux franchises sont bien présents dans cette histoire inédite. Que ce soit pour les Power rangers ou Les tortues ninja c’est l’univers de leurs premières apparitions télévisuelles qui a été choisi ce qui nous renvoie directement dans les années 80/90 avec toute la nostalgie que cela impose. Le dessin est très bon mais petit bémol côté couleur avec un aspect sombre très présent qui ne permet pas de profiter au maximum des scènes de combats. Annoncé comme un One-shot, au vue du final, ça ne m’étonnerait pas qu’on ait un deuxième opus si les ventes sont bonnes aux Etats-Unis. Je vous conseille vivement ce comics et, après celui de Batman/TMN et de Power Rangers/TMN, je suis preneur pour d’autres projets du même acabit.

Ma note : 9/10.